|
Les QUATREVIEUX Voyages en 4x4 et Astronomie
|
|
Tunisie février 2004: Sur le double DVD |
|
Enfin nous apportons le télescope dans le désert. |
|
Le départ : Si tu ne vas pas au désert, le désert viendra à toi. Samedi, départ de Maubec à 7 heures 30 après une semaine très mouvementée. Le lit n'est pas fait, la voiture est bourrée de ce qui nous restait. Nous sommes en alerte météo orange. Un vent violent nous ramène une pluie mêlée de … sable du désert. Le ciel est rouge orangé, la moindre voiture plate banale se voit affublée d'une parure de baroudeur. Nous retrouvons Christine et Michel, sur l'aire de repos de Sénas, avant de reprendre la route en direction de la Turbie. Notre vitesse moyenne est fortement ralentie par le vent de face qui avoisine les 130 km/h : le Land a parfois du mal à dépasser les 80 km/h. Nous retrouvons Roger au péage de la Turbie quand, lors d'une manœuvre sur le parking, la direction du Land devient " très " lourde. La pompe de direction assistée vient de nous lâcher, dorénavant, chaque virage se transformera en séance de musculation. Le reste de la route nous réserve encore d'autres surprises : d'abord quelques congères de neige, puis des plaques de verglas sur l'autoroute en arrivant sur Gènes. Mais nous arriverons dans les temps au port pour monter dans le Carthage. La traversée de la méditerranée s'effectue sans problème, juste un peu de houle pour nous bercer la nuit. Les formalités douanières sont effectuées à bord. Au matin nous
visitons la salle des machines. Le débarquement : Nous débarquons à Tunis. Après le plein de carburant des véhicules, nous entamons la descente vers Tataouine. Vers 21 heures, nous trouvons un petit boui-boui qui nous grille un mouton fraîchement tué. La boutique suivante nous fournit le dessert, un volumineux échantillonnage de gâteau locaux : cornes de gazelles, makrouds, … La dégustation finie, nous reprenons la route. Nous avons à peine effectué 1km, qu'un bruit strident nous fait sursauter et une fumée épaisse sort du capot moteur : la pompe de direction assistée vient de se bloquer, le caoutchouc de la courroie commençant à brûler.Nous appelons nos coéquipiers à la CB, mais ils ne nous entendent pas. Fabrice arrête le Land sur le bas-côté et après un bref état des lieux, prend son couteau suisse et coupe la courroie de la pompe. Nous sommes seuls sur la route, quand un groupe de Land s'arrête pour nous porter main forte. La réparation est très rapide et nous prenons congé de nos bons saint Maritains. Nous retrouverons nos coéquipiers quelque km plus loin. A 23 heures 30 nous trouvons un bivouac dans les champs à 100 km de Tataouine pour y passer la nuit. Fabrice n'ayant pas encore eu le temps de refaire l'aménagement intérieur du Land avant de partir, nous sommes scotchés au plafond, tellement le lit est haut. Valérie fait une petite crise de claustrophobie et ouvre le toit ouvrant pour se donner une impression d'espace libre tandis que Fabrice a du mal à se retourner. Nous trouvons difficilement le sommeil, mais nous devrons nous habituer à notre sarcophage pour les 15 nuits suivantes. Réveil matinal,
nous partons immédiatement à Tataouine pour récupérer les autorisations
auprès du syndicat d'initiative. Les papiers en main, nous revenons vers
les voitures, quand Roger s'aperçoit que son tapis rouge a été volé, il
devait l'aider à se désensabler. Pour couronner le tout, nous sommes délogés
par les militaires, nous devons quitter rapidement les lieux, car nous
stationnons à côté d'une caserne. Nous faisons quelques achats de nourriture
à la sortie de la ville, puis nous filons vers Rémada pour faire viser
nos autorisations auprès des militaires. Pendant que Christine fait le
ravitaillement de cornes de gazelle, je surprends une personne très intéressée
par les plaques souples de désensablage de Roger. Pas de problème, notre
homme sortait d'un 4X4 rutilant. Nous discutons un moment ensemble et
j'apprends qu'il vient du Katar.
Nous sommes enfin en règle et nous attaquons la piste en direction de Tiaret.
Echange couscous contre soirée astronomique. Les voitures supportent
mieux les secousses incessantes de la tôle ondulée de la piste que nous. Nous arrivons à Tiaret. Tiaret n'est pas à proprement parler une ville ou un village, mais une station de relevage du pétrole arrivant d'Algérie. Nous y effectuons le plein complet des véhicules avant d'attaquer notre boucle dans les dunes en autonomie totale. Le personnel nous
invite à passer la nuit dans la résidence administrative.
Fabrice leur propose de sortir le télescope et de les inviter à une soirée d'observation astronomique.
Passage de la douane : rien à déclarer. Dernière douche
chaude, nous nous préparons à partir à l'assaut de notre boucle en hors-piste.
Direction la douane. La douane est un passage totalement ensablé de la piste entre Tiaret et El Borma.
Les dunettes sont si nombreuses et serrées que même les conducteurs les plus expérimentés s'y arrêtent (plantent) au moins une fois.
Les récentes pluies ont fait pousser des pousses d'herbe dans le sable, donnant une couleur verte au désert.
Nous débutons la douane, la succession très serrée des dunettes nous oblige à descendre de nombreuses fois des voitures pour reconnaître les passages à pied.
Bien entendu, Michel
ne monte pas plus haut. Nous décidons alors de le tracter avec la sangle.
Pendant ce temps, nos guides tentent le passage et se plantent à la moitié
de la montée et décident de trouver une autre passe. Les premiers grands cordons de dunes.
Mais nous sommes face à un immense cordon de dunes. Nous décidons de contourner le cordon. Un vent de sable se lève nous empêchant de voir les passages. La visibilité chute à moins de 100 mètres et le convoi s'arrête.
Réveil en douceur au milieu des dunes et nous nous promenons tranquillement. Nous n'arrivons toujours pas à observer des gazelles malgré les nombreuses crottes. Quel sentiment de plénitude nous envahit ! Départ tôt, vers
8 heures. Derrière une dernière grande dune, Bir Pistor nous apparaît et avec sa piste en tôle ondulée. L'heure du déjeuner avance, nous irons prendre un couscous chez Dahoud, à Bordj El Khadra. Le temps que le repas soit cuit, nous offrons quelques savons et CD roms éducatifs au directeur de la petite école du village. Retour à Bir Pistor pour chercher quelques roses des sables dans le chott puis préparer une petite fête pour saluer notre premier passage à travers les dunes. Au menu, offert par Roger, foie gras, cassoulet et champagne au milieu de la tempête de sable. Remontée du Sahara. Le matin est au
beau fixe. Nous comptabilisons le carburant restant. Les contournements
de dunes nous ont fait parcourir une distance nettement plus grande que
prévu.
Cette fois-ci, nous allons descendre les dunes, ce qui nous évite le contournement des dunes. Nous glissons avec la voiture dans des descentes vertigineuses : Que du plaisir à l'état pur ! Nous prenons de l'assurance et nous abordons les difficultés croissantes.
Les passages ne sont pas toujours évidents à repérer. Quelquefois, nous devons renoncer et contourner la dune. Dans la majorité des cas, nous maintenons le cap tant et si bien qu'en fin de journée nous sommes de nouveau proche de la carcasse du camion.
Le vent tombe et nous décidons de monter la tente que nous avions emportée avec nous, pour disposer de plus de place que ce que nous offre le Land.
Au matin nous constatons les traces des violents combats de la nuit. Les différents insectes, se disputant les restes de notre repas de la veille, ont laissé une multitude de traces sur le sable. Un petit rongeur a laissé des traces de galeries sous notre tente et Fabrice a repéré les empreintes d'un fennec.
Nous reprenons la route en direction du puits artésien. L'endroit est un peu sale, mais un grand bac récupère l'eau qui jaillit du puits à 38°C.
Cette détente contraste avec la tôle ondulée qui nous amène à El Borma. Quelle laideur, El Borma est un centre d 'exploitation des puits de pétrole de Tunisie. Des têtes de forage et des pipe-line forment les seuls décors au milieu du sable taché par les fuites de pétrole. Nous effectuons rapidement les pleins de gasoil. Etant le seul point de ravitaillement en carburant depuis notre départ, le pompiste en profite pour nous facturer le prix du litre de gasoil à 1 Dinar. Nous profitons de cette pose pour faire le bilan de notre traversée du désert. Nous avons effectué 608 km depuis Tiaret, or, nous avions prévu de ne parcourir que 450 km, soit un détour supplémentaire de 158 km. Le Land a consommé 16, 7 litres au 100 km. Encore deux contrôles militaires, espacés de 500 mètres, et nous sortons de la zone sous leur garde. Nous quittons la tôle ondulée pour retrouver des cordons de dunettes. Fabrice s'amuse dans les dunettes et cherche à se planter, il est le seul à ne pas avoir encore sorti ses plaques de désensablage !!! Dernier réveil dans ce gigantesque bac à sable et nous reprenons notre chemin sur des pistes caillouteuses mais bien marquées. Le sable fait place aux oueds, aux plaines couvertes de buissons, aux camps de nomades. Nous nous arrêtons pour déjeuner quand des bergers nous demandent des médicaments. Ils décident de nous donner du lait de chèvre. Quand nous arrivons à leur campement, tout est très rustique. Ils dorment à même le sol. Ils tirent le lait d'une peau de chèvre. Leur voiture a deux pneus crevés et nous rapprochons nos voitures pour les réparer. Nous leur disons au revoir et continuons notre chemin en direction de Ksar Ghilane. C'est le dur retour à la civilisation. Nous en profiterons pour passer la soirée au restaurant. La nuit fut fraîche, 2°C, et le groupe électrogène nous gênera toute la nuit, rien à voir avec nos bivouacs au milieu des dunes. Chacun se prépare à affronter la galère que nous avions connu deux ans plutôt : le parcours Ksar Ghilane Douz par les dunettes. Nous avions mis 36 heures la fois précédente avec de nombreux plantages. Cette fois-ci nous
décidons de garder le cap donné par le GPS. Le début ne présente pas de
difficulté, puis nous alternons passages en dur et dunettes cassées. Nous
avançons comme des chefs. Le rythme est soutenu, pour éviter les plantages.
Encore un peu de jardinage et nous arrivons sur la piste. Elle s'est fortement ensablée depuis deux ans. Nous arrivons à Douz, notre boucle saharienne s'achève. Nous avons effectué près de 1000 km dans le désert dont 800 km en hors piste. Retour à la civilisation : un repos bien mérité. Nous profitons de notre retour à la civilisation pour une remise en forme : mécanique pour les hommes et hammam pour ces dames. Valérie et Christine ont rendez-vous à 9 heures. Le Hammam est très rustique : la marmite est en pisé et tous les objets en fer sont rouillés. Les femmes arrivent au fur et à mesure. Valérie et Christine ont droit à un massage énergique en gant de crin. Elles lient conversation avec une jeune femme 25 ans qui va se marier l'été prochain. Elle confectionne des robes de mariée et des tapis. Elle joue le rôle de traductrice avec la masseuse. A la fin du hammam, elle invite Valérie et Christine chez elle pour l'après midi. Valérie et Christine partent vers 15 heures chez la jeune femme. Elles se retrouvent imprégnées du monde féminin musulman en compagnie de ses sœurs, belle-sœurs et nièces. Elles semblent uniquement préparée pour le plaisir de l'homme. Elles nous montrent leurs moyens de séduction. Elles déposent une substance dans un brasero et imprègnent l'intérieur de leur robe avec la fumée pour parfumer leurs sous-vêtements. Nous parlons du mariage qui dure cinq jours. Commence alors l'essayage des robes traditionnelles de mariées. Pendant ce temps elles nous préparent un encas bien bourratif pour remplir généreusement les robes. Mais quel supplice de manger et de se mouvoir avec de telles tenues et les parures d'or de plusieurs kilos ! La remontée vers Tunis. Les zones à risques passées, le groupe se sépare : Roger décide d'emmener Michel et Christine découvrir le chott El Jerid par le sud, tandis que nous partons traverser le chott El Fedjed. Après quelques difficultés pour trouver la bonne piste, nous sommes pris dans une tempête de sable. Nous traversons quelques oueds ensablés. Le Land passe à la limite du plantage quand la piste disparaît. Par précaution, nous préférons faire demi-tour. Nous remontons par des pistes et des petites routes. Nous décidons de bivouaquer au pied d'une montagne digne d'un décor de western. Le vent ne faiblit pas, nous serons bercés toute la nuit par de violentes rafales. Au matin, le vent est retombé. Nous décidons de nous lancer à l'assaut de la montagne enneigée à la recherche d'une piste. Le début de la piste a laissé place à une petite route goudronnée traversant de jolis petits villages. Le ciel s'assombrit et devient menaçant. Puis, surprise, il neige. Nous profitons d'un terrain dégagé pour s'offrir une bataille de boules de neige. Nous repartons, mais porté par cette nouvelle route nous n'avons pas vu que nous étions sur l'intersection de la piste avec la route. Le col approche et la route se transforme en une patinoire. Le Land glisse sur une plaque de verglas quand nous nous apercevons que la route s'arrête à l'entrée d'un relais hertzien. Demi-tour, puis nous trouvons enfin la bonne piste. Elle est enneigée, mais nous décidons de l'emprunter. Nous franchissons cette fois-ci des dunes de neige. Soudainement, notre progression est stoppée par un trou sur le bord de la piste. Valérie descend pour guider le passage. Mais celui-ci se prolonge un peu sous la piste nous obligeant à redoubler de prudence. Une boue fine fait place à la neige. Les pneus se recouvrent d'une gangue de boue entraînant des figures de style lors de la conduite du Land. Nous surplombons les champs d'oliviers et les villages aux nombreux figuiers de barbarie. Nous apercevons quelques maisons troglodytes accrochés aux collines. Les gens nous regardent passer étonnés car aucune voiture n'a pu franchir le col. Nous rejoignons une belle piste, puis la route en direction d'Hammamet, où nous retrouverons nos coéquipiers avant d'embarquer à Tunis le lendemain. |