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Nous partons le 5
juillet en direction d'Ancône pour prendre le bateau vers Igoumenitza.
Nous avons pris la formule open-deck, ce qui permet de dormir et
manger dans le véhicule (possibilité de se relier au 220 V via une
prise européenne de camping-car), ce qui réduit fortement le coût
du transport. Il ne faut pas faire la même erreur que nous à l'embarquement.
Ils placent les campings-cars ensemble et ont cru que notre Land
n'était qu'un simple véhicule non prévu pour dormir dedans. Ils
nous ont donc placés au bout du pont à côté d'un camion frigo. En
conclusion, il ne faut pas hésiter à demander de se placer à côté
des campings-cars (ce que nous avons fait au retour). La traversée
dure 15 heures. Nous débarquons en Grèce puis direction la frontière
turque. Attention, la route menant vers l'Ouest est sinueuse et
très fréquentée par les camions. Il y a beaucoup de lignes blanches
et la police attend souvent en haut de la colline les personnes
pressées (ils y ont une vue imprenable sur une grande portion de
la route).
A
l'approche de Thessalonique, l'autoroute (gratuite) se transforme
en voie rapide, en fait, l'autoroute n'est pas finie. Il n'y a qu'une
route de faite sur les deux. Mais habitués que ce soit une
autoroute, les autochtones ont décidé d'utiliser cette deux voies
comme une 4 voies. Il faut donc rouler sur la bande d'arrêt d'urgence,
réservée aux véhicules roulant moins vite. Mais attention quand
celle-ci disparaît à l'approche d'un pont, ça n'empêche pas de se
faire doubler avec une voiture en face.
Après 1800 km depuis
Cavaillon, nous arrivons à la frontière turque. On entre dans la
première guitoune pour vérifier les passeports et enregistrer la
voiture. Les douaniers nous offrent le çay (thé), du pain et des
olives. Ces premières vérifications faites, il faut faire tamponner
les passeports dans l'algéco (police) à l'entrée de la douane. Ensuite
direction la douane où il faut payer la taxe d'entrée et de sortie
du véhicule avec le triptyque (8 €, payable en LT ou en €), au niveau
des bureaux en face de l'entrée à droite. Puis passage à la douane,
petit bureau fermé à droite de l'entrée pour viser les passeports
et le triptyque du véhicule. A l'extérieur du bâtiment se trouvent
des banques pour le change. Ensuite, sortie de la frontière avec
un contrôle dans la dernière guitoune où ils vérifient que tous
les papiers sont en règle.
Le passage à la douane a duré moins d'une heure, ne sachant pas
dans quel ordre il fallait passer les différents bureaux, pause
çay compris. Nous prenons la direction d'Istanbul à la recherche
d'un camping. Nous le trouvons en début de nuit, il est cher (15€)
et très bruyant car placé en bordure de la piste d'atterrissage.
Sur ce camping, nous
rencontrons un français en Land 110 parti faire un tour en Turquie
avec son fils (c'est un habitué de la Turquie). Nous discutons la
soirée avec lui, et hasard des choses nous venons à parler d'un
jeune qui avait entrepris de partir d'Annecy pour rejoindre Le Cap
en Land 110. Nous avions rencontré cette personne lors de notre
retour vers la France à Chefchaouen, au Maroc l'an dernier. Nous
avons ainsi appris, malheureusement, son décès. Il s'est reçu une
balle perdue lors d'une manifestation au Nigeria devant une banque
…(nous pouvons renouveler ici les consignes de prudences pour traverser
certains pays et, entre autres, d'éviter les rassemblements et manifestations
de certains pays instables). En dehors de cette mauvaise nouvelle,
il nous informe sur les difficultés que nous rencontrerons dans
l'Est du pays (contrôles de police, bivouacs déconseillés, …). Le
lendemain matin, nous traversons le Bosphore, pour atteindre la
mer noire. La route est étroite et sinueuse, étant très verdoyante
avec une végétation luxuriante, ou aride, selon le versant de la
montagne qui longe la mer noire. Le soir, nous nous arrêtons dans
un petit terrain de camping au bord de la mer noire, où nous trouvons
un couple de français, Matérina et Sylvain, partis faire un tour
du monde en BJ75.
Cela
fait 6 mois qu'ils sont en Turquie et nous avertissent des déconvenues
qu'ils ont eues dans le pays. Un contrôle de police musclé avec
interrogatoire et un réveil à la kalachnikov à 2 heures du matin
par le (ex) PKK nous laissent perplexe pour la poursuite de notre
séjour. Nous décidons avec Valérie de revoir notre parcours. Maté
et Sylvain nous conseillant de ne pas bivouaquer dans l'Est du pays,
ni d'emprunter les pistes et de faire les gorges de l'Euphrate à
deux véhicules, nous descendons vers la frontière syrienne au lieu
de continuer le tour par la mer noire puis descendre vers la frontière
iranienne.
Pendant
ce temps, nous contactons Pascal et sa famille, ils avait comme
projet de visiter les gorges de l'Euphrate. On se donne rendez-vous
à Ihlara. Ensuite, nous nous dirigeons vers Bogaskale, par une piste.
Nous
visitons le site Hittite le lendemain, il y a très peu de touristes,
nous sommes seuls à visiter la capitale des Hittites (autre grande
civilisation contemporaine des égyptiens). Nous rejoignons Pascal
à Ihlara (en bordure de la Cappadoce), il n'est pas encore arrivé,
nous nous amusons dans les pistes et trouvons une petite basilique
byzantine, loin des sentiers touristiques. Nous retrouvons Pascal
et nous décidons de se retrouver plus tard à Kahta pour effectuer
les gorges de l'Euphrate. Le matin, nous visitons les gorges d'Ihlara
(à pied), les églises troglodytes
sont magnifiques (site à voir), puis direction la frontière syrienne.
Le soir,
nous décidons de bivouaquer dans les monts Erciyes. Nous nous installons
entre les champs de blés sentant bon le thym. Nous préparons le
repas des enfants et nous reposons. Vers 19 heures, passage d'un
tracteur, avec ses passagers qui nous font de grands saluts. Entre
21 et 22 heures, défilé incessant de troupeaux de moutons, encadrés
par des Kangals. Le Kangal est un gros chien de berger (50 kg) de
couleur fauve et museau noir, capable de courir jusqu'à 70 km/h,
d'où un thorax rappelant celui des guépards (pour les plus maigres).
Ils sont munis d'un collier à pointes pour protéger leur cou des
morsures, car leur fonction est de protéger le troupeau de tout
intrus, principalement les loups et les ours. Le dernier berger
passant nous demande de l'eau et laisse derrière lui 4 Kangals.
Deux s'en vont rapidement, mais les deux autres restent et l'un
d'eux fait constamment le tour de la voiture. Le manège dure 10
minutes, je m'inquiète un peu devant les deux molosses, quand je
réalise qu'ils étaient attirés par les jarrets aux lentilles qui
mijotaient sur le feu. J'ai bien cru leur donner notre repas mais
ils décident enfin de rejoindre le troupeau.
Cinq heures du matin,
nous sommes réveillés par le même troupeau, nous discutons un peu
avec le berger. Il nous donne des indications pour prendre les pistes
afin de traverser la montagne. Chose curieuse chez les Turcs, moins
vous comprenez ce qu'ils disent, plus ils parlent forts, donc, vous
apprenez rapidement à répondre " tamam, compris " pour protéger
nos fragiles oreilles, en espérant que les autres ont compris… Nous
partons à 8 heures avec le but de franchir la montagne. Nous trouvons
un village en ruine habité par les Yaylas (tentes nomades). Nous
trouvons une piste ayant le bon cap (rien n'est marqué sur la carte
IGN). Nous montons jusqu'à 2200 m, malheureusement la piste s'arrête
dans les alpages, seuls les nomades montent.
Demi-tour jusqu 'au village, nous prenons une autre piste moins
marquée et plus trialisante, j'y laisse quelques morceaux de pneu,
il faut aussi faire attention aux touffes d'herbes entre les deux
traces de roue, elles cachent souvent de gros cailloux, l'un d'eux
vient frapper la boule de pont. Après quelques demi-tours dans des
culs de sacs, nous arrivons au col et voyons l'autre côté
de la vallée. Nous y rencontrons une famille de nomades en Yayla.
La mère nous interpelle, mais nous n'avons pas compris ce
qu'elle disait. Nous essayons de descendre la piste légèrement ravinée.
J'ai un doute, je continue à pied. 300 m plus loin la piste est
coupée par un énorme trou, une rivière l'a emportée. C'est
ce que la mère de la famille nomade avait essayé de nous dire, même
le père avec son tracteur ne pouvait pas passer. Nous faisons demi-tour
en direction d'Iskendrerun. Nous cherchons le terrain de camping
signalé par le lonely-planet, nous ne trouvons qu'un parc à jeux
pour les enfants.
Nous
décidons de prendre une piste qui traverse la montagne en direction
d'Antioche pour y faire un bivouac. Bon bivouac avec vue sur la
mer depuis la montagne, nous passons une bonne nuit. Le lendemain,
nous continuons la piste en direction d'Antioche avec de beaux passages
dans les pins et de belles vues sur des vallées vertes. La piste
est récente, on voit l'ancienne en léger contrebas, et il y a de
nombreuses traces de pneus. Nous faisons un point GPS pour se localiser
sur la carte, surprise, nous nous trouvons exactement entre les
deux pistes marquées sur la carte au fond d'une vallée. Nous ne
voyons pas d'autre piste et nous sommes bien sur une montagne ?
? Nous continuons et juste avant de basculer sur l'autre versant,
la piste est coupée par un passage de gros blocs de pierres sur
20 m. Il semblerait que la piste soit en rénovation, cette portion
n'étant pas finie, seuls les blocs servant aux fondations de la
piste ont été posés.
Nous
faisons de nouveau demi-tour, puis direction Antioche par la route pour
une visite. En fin de journée, nous partons en direction de la
frontière syrienne, puis à la recherche d'un bivouac dans
la montagne (côté Syrie cette fois-ci). Nous nous
engageons sur une petite piste. Un turc dans son champ nous
arrête pour discuter de sites hittites découverts dans son
champ. Il nous offre des raisins et des figues. Il ne veut pas nous
lâcher et nous ne comprenons pas grand- chose à ce qu'il
raconte. Mais nous arrivons à comprendre que le coin n'est pas
sûr à cause de la proximité de la Syrie (des
français ont été massacrés dans les
environs, il y a quelques années, un camping-car allemand
stationné juste à côté a été
délogé par la police récemment). Il nous conseille
vivement de dormir sur le parking d'une station-service ouverte
24h/24h.
Nous prenons l'autoroute
en direction d'Harran et nous nous arrêtons sur une aire éclairée
par un lokanta (bon repas pour 44 FF). Après une bonne nuit en sécurité,
les militaires surveillaient le parking en passant à fond avec leur
R12, nous nous dirigeons vers Sanliurfa. Depuis Antioche c'est l'orient,
la conduite se dégrade, il faut des yeux partout, surtout à Sanliurfa,
où ils ne respectent rien, ni les feux, ni le sens de la circulation,
ni les sens interdits. Nous trouvons enfin la direction d'Harran.
Les paysages devaient être désertiques, mais avec le barrage Ataturk,
le désert a fait place aux champs de coton, grâce à l'irrigation.
Nous
arrivons à Harran, avec ces maisons typiques et leur toit en termitière.
Nous cherchons le camping indiqué par le lonely-planet en face de
la jandarma. Il y a effectivement un parc à jeux pour enfant, mais
point de camping, nous atterrissons chez un habitant. Nous
visitons dans l'après- midi, sous une forte chaleur (45°C) le site
de Sumatar avec le père de la famille comme guide . Nous prenons
un thé sur place. Nous nous apercevons, mais trop tard, qu'ils le
coupaient avec de l'eau froide du barrage, attention, les premières
gastros de l'Est arrivent… Le soir, nous nous couchons dans le Land,
après un repas léger (l'estomac commence à se faire sentir), pendant
que nos hôtes préparent leurs couchages dehors sur des lits d'un
mètre de haut. Le lendemain, après une visite de la ville et de
sa forteresse, nous partons vers Kahta rejoindre Pascal.
Nous les retrouvons
dans un hôtel restaurant camping, où la nourriture est spéciale
gastro. Nous nous organisons et nous décidons de chercher une piste
afin d'arriver au Nemrut Dagi par la face Nord (l'accès
est plus rapide
à pied et le terrain
plat pour le bivouac). Après une séance de jardinage, Pascal demande
son chemin à un passant, erreur, ils ne comprennent pas notre désir
de rejoindre le Nemrut Dagi par les pistes et nous ramènent systématiquement
sur le goudron. Un conseil, toujours demander la direction du village
le plus proche et non sa destination. L'heure avance et nous sommes
contraints d'arriver au Nemrut Dagi par la face Sud. Le site du
Nemrut Dagi est impressionnant, mais petit. Il y a beaucoup de monde
pour assister au coucher et lever du soleil. Les quelques photos
de dépliants touristiques que l'on voit montrent en fait
l'ensemble du site et il n'y a rien d'autre à voir. C'est un site
à voir, de préférence dans
la journée si on préfère la solitude au tourisme de masse, mais
qui ne justifie pas un grand détour à lui seul. Après avoir assisté
au lever de soleil, nous partons vers Malatya par les pistes, les
paysages sont sublimes. Je pense qu'il est facile de trouver la
piste du Nemrut Dagi depuis Malatya.
Nous faisons de très
beaux bivouacs, surplombant l'Euphrate ou en bordure du barrage.

Nous
attaquons la zone la plus impressionnante de notre voyage, la rive
gauche de l'Euphrate. Nous franchissons le barrage avec un bac,
à Pertek. L'ambiance change, nous voyons passer un Land militaire
équipé d'une mitrailleuse chargée, les soldats portent un casque
et un gilet pare- balles. Nous nous faisons contrôler par la police
pendant ¾ d'heure. 15 km plus loin, les militaires nous arrêtent,
le contrôle dure 2 heures. Ils nous demandent ce que nous faisons
ici, pourquoi nous ne restons pas sur la côte ? ? ? Ils nous
imposent, pour finir, de rejoindre Kemaliye (sur la rive droite)
et de prendre un hôtel, car il y a des " dangerous terrorist " dans
la région de Tuncelli. Nous aurons 5 contrôles, dont une fouille
des véhicules, dans la journée.
Les gorges sont vraiment magnifiques, cela vaut largement les tracas
militaires. Pour le repas de midi, nous nous arrêtons près d'un
village en ruine. Chose curieuse, le village ne semble pas être
très vieux, certains toits en tôles ondulées ne sont pas très rouillés.
Nous apercevons deux militaires qui nous observent, nous en concluons
rapidement que ce village a été détruit par l'armée … Nous arrivons
tard à Kemaliye (pour cause de contrôles militaires), c'est une
petite ville digne des Alpes avec ses petits chalets. Nous visitons
la ville le lendemain matin, puis nous partons vers Divrigi (la
route est goudronnée) avec sa mosquée hôpital très vielle. Nous
passons aussi devant un minaret en bois. Nous continuons la boucle
par Arapkir (ville sans grand intérêt) par
la piste, puis nous remontons vers Illiç, via Kémaliye, par la route.
Nous prenons la piste en direction de Kemah, sur la rive gauche
de l'Euphrate. Nous arrivons sur un cul de sac, il se fait tard
et nous demandons au villageois un lieu de bivouac. Nous avions
localisé une passerelle au-dessus de la rivière, mais ils nous proposent
de s'installer dans la cour de l'école détruite par les Kurdes.
Une heure après notre installation, les habitants reviennent et
nous informent que la police vient de téléphoner au maire pour nous
avertir que la passerelle était minée par les militaires la nuit
et qu'il ne fallait pas bouger du bivouac. Nous ne savons pas qui
a informé la police de notre présence dans ce village, mais il en
résulte que l'on est suivi. La nuit fut un peu agitée, nous sommes
réveillés par un bruit énorme, de chars, d'hélicoptères, nous ne
le savons pas. Des lumières balayent la tente de toit. Nous sortons
un peu affolés, est-ce des manœuvres militaires contre les actions
des " dangereux terroristes " ? ? ? Non, c'est simplement la motrice
diesel du train de la mine qui remonte la voie ferrée à pleine charge
… Nous
reprenons la piste le lendemain matin et commençons à bien jardiner
(les cartes sont très imprécises). Nous nous trompons et prenons
une piste entièrement ravinée et trialisante pour descendre au bord
de l'Euphrate. Elle est coupée. Il faut revenir en sens inverse,
les paysages sont ensuite somptueux. Nous arrivons enfin à Erzincan
et notre parcours commun avec Pascal s'achève. Pascal repart vers
l'Ouest et nous nous dirigeons en solo vers la frontière iranienne
à Dogubayazit, en face du mont Ararat.
Nous recevons une balle en plastique sur la voiture lancée par un
gamin qui s'enfuit immédiatement dans les rues de Dogubayazit. Un
adulte vient s'excuser du geste du gamin. Nous nous installons ensuite
sur une aire de pique- nique pour passer la nuit juste à côté
du Palais Ishak Pacha. 
Nous visitons le palais
le lendemain, puis allons voir un cratère formé (soi- disant) par
la chute
d'un météore, juste
à la frontière iranienne.
Nous prenons la direction
du lac de Van. Van est une ville peu intéressante et très polluée.
Le lac est superbe, d'un bleu très profond. Nous nous arrêtons au
camping tenu par Ibrahim en face du ferry d'Akdamar. Le patron parle
français. Le camping
est très sommaire, mais il est gratuit, il suffit de consommer à
son bar ou à son restaurant (spécialités kurdes très bonnes ou poissons
fraîchement pêchés dans le lac). Les prix sont très raisonnables
pour les Français. Nous prenons le ferry pour visiter l'église arménienne
située sur une île.
L'église est belle, mais laissée à l'abandon, les touristes (turcs
principalement) la dégradent (graffitis sur les murs, déjections
diverses partout), des bas -reliefs sont volontairement abîmés (Adam
et Eve n'ont plus de visages). Nous prenons ensuite un bain dans
l'eau du lac de Van. Le lac de Van n'a pas de cours d'eau pour vider
son trop- plein, il est continuellement alimenté par des rivières,
mais son niveau est stabilisé uniquement par l'évaporation. L'eau
est donc très minéralisée et alcaline, quand on nage dedans, elle
donne une impression d'être baveuse, elle est gluante et décape
la peau.
Nous continuons le
tour du lac de Van en passant par le volcan du
Nemrut Dagi (ce n'est pas le même que précédemment). Nous cherchons
la piste pour y accéder, la piste indiquée sur la carte IGN n'existe
pas, mais une route située plus à l'Ouest est construite. Au sommet
du volcan se trouve, dans le cratère, un lac, avec de nombreux lieux
de bivouacs. Nous nous dirigeons ensuite vers Dogubayazit pour y
passer la nuit. Dès l'entrée de la ville, j'évite un jet de pierre,
j'en évite un second en centre ville. Cela fait quatre fois qu'on
nous jette divers objets dans cette ville (nous n'avions reçu qu'une
pomme pourrie par un groupe de jeunes dans le centre du pays, certainement
plus par défi entre eux que par méchanceté, des femmes, ayant vu
la scène, ont disputé les jeunes). Je décide d'aller voir
la police et leur faire part de mon mécontentement (pas de dépôt
de plainte, ce n'était pas mon but, mais de les faire réagir). Nous
sympathisons avec un policier, qui nous invite à prendre le petit
déjeuner le lendemain matin. Puis direction Kars, le long de la
frontière arménienne. La ville est totalement inintéressante, nous
partons en direction de Yusufeli. Routes
magnifiques avec quelques forteresses en ruines. Nous faisons le
tour des églises géorgiennes, en direction d'Adanuç, par les pistes,
la carte IGN une boussole et un peu de bon sens permet de se retrouver.
Les paysages sont très verts. Le retour se fait par une petite route
passant par un col de 2600 m. La route est truffée de nids de poule.
Au sommet, les yaylas sont installées pour l'été. Nous redescendons
sur Ardahan et amorçons la boucle de retour vers Yusufeli. Le route
indiquée par la carte se transforme en une mauvaise piste boueuse
et ravinée. Nous
franchissons un col à 2700 M. Les paysages sont grandioses. Retour
sur Yusufeli. Direction Ispir, les paysages sont de toute beauté.
Nous nous dirigeons ensuite vers la mer noire, entre Rize et Trabzon,
nous passons des champs de thé aux forêts de noisetiers. Nous cherchons
un camping vers Sumela, le premier, sélectionné par le Lonely Planet,
Sumela Camping, est hors de prix (80 FF pour 4 personnes et loger
sur un parking) nous leur disons que nous avions payé moins de 20
FF dans tout le reste de la Turquie, il se moque de nous devant
leurs compatriotes. Nous trouverons un petit camping très sympathique
un peu plus loin, en direction du monastère, dans la vallée, non
loin des bassins de truites d'élevage. Il est signalé par des panneaux
et indique que l'on peut manger des truites. Les sanitaires sont
très propres, le repas de truites très bon,tout cela pour seulement
60 FF à 4. La
visite du monastère est agréable, passage à pied par les sous- bois,
mais la restauration du monastère est digne d'un Mas provençal (l'expression
n'est pas de moi). Ne pas faire comme nous, ne pas se laisser tenter
par les restaurants en bas du monastère, car les prix sont incomplets
(on commande un plat et un accompagnement, ils servent l'accompagnement,
puis le plat avec sauce et un autre accompagnement non demandé,
mais facturé …). Nous reprenons la route du petit camping aux truites,
puis nous nous enfonçons dans la montagne pour contourner le parc
de Sumela. C'est une piste, avec un mélange de forêts, de végétations
denses et de cascades, très agréable. Nous montons à plus de 2000
m dans un véritable jeu de pistes (carte IGN peu précise) sur les
plateaux de hauts alpages. La journée fut longue, mais bien remplie.
Maintenant, nous devons nous rendre à Almus, afin de rejoindre Marianne
et Christophe qui ont choisi de voyager en Turquie avec Tag. Sur
la route, une BMW me double et me fait comprendre de m'arrêter.
La voiture est immatriculée dans le 84, c'était un " voisin ", Turc,
du Pontet, à côté d'Avignon, qui voulait parler du pays. Nous
nous donnons un rendez-vous en France après avoir refusé son invitation.
Nous arrivons enfin à Almus où nous retrouvons Marianne et
Christophe ainsi que les autres membres de Tag. Le point de bivouac
est modifié, car nous sommes près d'un barrage. Nous partons chercher
le nouveau bivouac, quand un Land militaire nous fait des appels
de phares et demande de nous arrêter. Que se passe t-il, rien, ils
viennent (une dizaine d'hommes en armes) nous montrer le chemin
du bivouac. Le lendemain, nous prenons notre temps pour partir,
alors que l'organisation Tag prend le départ. Nous décidons enfin
de partir, quand, après 3-4 km, une durite de chauffage perce. Je
m'arrête au bord de la route et commence à résoudre le problème.
Deux camions s'arrêtent pour prêter main-forte, mais ils n'ont pas
de durit avec eux. J'ai la tête sous le capot quand j'entends un
bruit étrange tourner autour de la voiture. Deux Land de l'armée
sont arrivés avec une vingtaine d'hommes équipés de mitraillettes
chargées qui entourent le Land au pas de charge. Le 4x4 se trouve
maintenant sous la (très) haute surveillance de l'armée turque.
Deux militaires s'approchent de moi et me font signe de m'écarter
de la voiture. Les deux hommes passent de part et d'autre de la
voiture et enlèvent le capot, puis montent dans le moteur. L'un
d'eux me pose la question " where is the problem … ". Et voilà qu'ils
effectuent la réparation à ma place (les conduits de chauffage ont
été shuntés). La réparation finie, ils s'en vont dans la direction
d'où ils venaient. Ils m'ont juste demandé de partir (rapidement)
et de trouver un garagiste dans la ville d'à côté.
Le voyage touche à
sa fin et nous rentrons par la côte Ouest, où nous retrouvons
le tourisme de masse avec ses inconvénients (je ne m'étendrai pas
plus sur cette zone :o( ).
CONCLUSION : 13 000
km parcourus, dont plus de 9 000 km en Turquie. Coût du voyage :
environ 18 000 FF (2750€) pour 4 personnes, bateau, autoroute, nourriture,
gasoil, camping et visites compris. Le pays est très grand, la zone
kurde n'est pas totalement sécurisée, donc les liaisons par le goudron
sont très longues. Si vous n'avez pas de volonté particulière à
visiter telle ou telle région, et que vous voulez goûter aux pistes
turques, je vous conseille la région de la mer noire, avec ses montagnes
et ses cols, les gorges de l'Euphrate (rive gauche, elle est plus
jolie) et les monts Taurus (nous ne les avons pas fait, mais on
nous les a conseillés). L'armée ne présente pas une grosse gêne,
ils sont là pour notre sécurité, même si on les dérange. L'infrastructure
routière est en plein développement, il est facile de parcourir
le pays avec une voiture de tourisme (n'est-ce pas Patrick) ou en
camping-car.
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